Pendant dix jours, les équipes de la MSA Loire-Atlantique – Vendée ont placé la santé mentale au cœur de leurs actions. Dans les campagnes, face à l’isolement, à la pression économique et aux profondes transformations sociales, ces enjeux deviennent quotidiens.
Inscrire la santé mentale dans le quotidien
L’initiative a répondu à un besoin essentiel : rétablir l’écoute, renforcer les liens et intégrer la santé psychique dans le quotidien. L’objectif était clair : briser les tabous et rappeler que bien-être et vitalité des territoires sont étroitement liés.
Au même moment, le gouvernement annonçait la prolongation en 2026 de la Grande cause nationale de la santé mentale, soulignant l’urgence et la portée de cette problématique. Cette continuité permettra de renforcer les actions locales, de mettre en lumière les initiatives conçues par les caisses de MSA et de consolider les dispositifs de prévention en milieu rural afin d’en faire une réalité concrète et accessible à tous.
Agriculteurs, salariés, enseignants, jeunes, délégués, familles : tous ont trouvé leur place dans la dizaine d’actions proposées dans les deux départements.
Écouter sans juger
Le théâtre-forum et sa pièce Mon voisin l’agriculteur, animé par la compagnie Myrtil, a notamment réuni près de 200 participants à Riaillé et Pouillé. Odeurs, bruit des engins, épandage, relations de voisinage… les saynètes ont mis en lumière les malentendus du quotidien rural. Les échanges ont montré que comprendre le terrain, avec ses contraintes et sa technicité, est indispensable pour dépasser les critiques et retrouver du respect mutuel.
La formation premiers secours en santé mentale organisée les 24 et 28 novembre au Loroux-Bottereaux a permis à seize participants d’acquérir des gestes essentiels : reconnaître les signes de détresse, de dépression, d’addictions ou d’idées suicidaires, écouter sans juger et orienter vers les bons relais. Pas de recettes toutes faites mais une méthode simple et concrète, applicable dans les écoles, les exploitations, les équipes et les collectivités, pour agir sans s’épuiser. Une démarche d’autant plus cruciale qu’une personne sur quatre est confrontée chaque année à un trouble psychique.
Pour les jeunes, des escape games et le théâtre-forum Comment aider un copain qui va mal ? ont servi de point d’appui pour aborder le mal-être, le harcèlement et le repli sur soi. Au lycée Bel-Air de Fontenay-le-Comte, la saynète d’une adolescente en difficulté sur les réseaux sociaux a permis aux élèves de réfléchir collectivement aux signaux d’alerte et aux solutions possibles. Des professionnels – Maison départementale des adolescents, équipe du 3114 – ont rappelé l’urgence de rendre visibles les ressources disponibles.
La conférence « Qualité de vie au travail : en finir avec les conneries », animée par Vincent Baud, professeur de management et auteur, a mis en lumière l’importance d’une organisation et d’un management respectueux. Pour les employeurs agricoles, ce discours franc sur la prévention des risques physiques et psychiques a résonné comme un appel à repenser les pratiques collectives pour protéger la santé des équipes.
Sur l’ensemble du territoire, ces actions ont montré que la santé mentale n’est ni un luxe ni un supplément d’âme, mais une condition de cohésion et de vitalité.
Santé mentale : la mobilisation continue en 2026
Le gouvernement prolonge en 2026 la Grande cause nationale dédiée à la santé mentale. « Parlons santé mentale ! » restera le mot d’ordre, pour que cette question cesse d’être tabou et devienne une réalité concrète du quotidien.
Lancée en 2025 sous l’égide de Michel Barnier, alors Premier ministre, cette mobilisation a donné lieu à plus de 3 000 événements et 900 actions labellisés sur tout le territoire, dont de nombreuses initiatives des caisses de MSA et leurs partenaires.
Cette année, l’objectif est clair : consolider les actions locales, faciliter l’accès aux aides, intégrer la santé mentale dans l’éducation, le travail et les services publics, et amplifier le soutien aux familles, aux associations et aux territoires.