« Tous mes copains voulaient que je fasse L’Amour est dans le pré, mais le côté histoire d’amour ne me convenait pas. J’avais quand même envie de relever leur défi médiatique, alors je me suis inscrite à Miss France agricole. »

Si l’année précédente, la première participation au concours de Crystèle Gourjade est un galop d’essai, qui suscite tout de même un certain engouement autour d’elle, la seconde est réfléchie, peaufinée.

Élue Miss France agricole 2026

« Cette année, je me sentais davantage prête. Je suis installée depuis deux ans, j’ai plus de recul sur mon activité et sur mon rôle de cheffe d’entreprise. J’ai fait de jolies photos et travaillé la vidéo. » La voici à présent ambassadrice du monde agricole pendant un an. « Moi ? Une jeune agricultrice de 24 ans ! », s’amuse-t-elle, aussi fière que surprise. Un sentiment que doivent partager ceux qui l’ont connue avant.

« J’étais la grande timide, la petite intello que l’on n’entend pas. » Difficile à croire, en effet, tant elle est dynamique, enthousiaste et communicative. « Je suis active sur les réseaux sociaux, un peu plus de 30 000 personnes me suivent sur TikTok. J’adore partager du contenu. » Des réseaux sociaux qu’elle utilise dès le départ pour faire connaître et développer son activité principale : l’élevage de chèvres angoras et la vente de vêtements en mohair fabriqués en France.

Une installation évidente

Son père, lui, est éleveur de bovins. En 2010, pour raisons de santé, il vend tout le cheptel et poursuit en céréales et foin jusqu’à sa retraite en septembre 2023. Date à laquelle sa fille s’installe. « Mes parents ne voulaient pas que je reprenne. Surtout mon père. » Elle passe donc un bac scientifique… puis un BTS agricole en 2022.

« Je voulais reprendre la ferme familiale, c’était une évidence. J’ai vraiment réfléchi mon projet, ma structure et à ce qui me convenait. » Papa soutient, malgré tout, son unique fille et la transmission se fait sereinement. Elle suit le parcours d’installation à la Chambre d’agriculture et demande la dotation jeune agriculteur.

Formation et diversification

« Le problème principal pour s’installer, c’est l’argent. Au début, on ne se rémunère pas, on a beaucoup de trésorerie à avancer. » Depuis la laine jusqu’au vêtement, entre six mois et un an de transformation sont nécessaires. Cela représente une année sans marchandise. Crystèle se diversifie alors dans la vente d’animaux de compagnie et développe une ferme pédagogique. Le chemin est long et difficile, et la Miss agricole ne le cache pas.

« Il faut que des jeunes s’installent, c’est important et j’encourage tous ceux qui veulent le faire. Mais il faut vraiment être déterminé parce qu’il y a plein d’obstacles. Une des grandes difficultés est de trouver sa clientèle. L’agriculture va mal. Nous ne sommes pas rémunérés à notre juste valeur. Nous devons donc trouver des solutions, nous diversifier. La formation est primordiale, il faudrait qu’il y en ait plus, en particulier sur la communication ou les réseaux sociaux. »

Miss France agricole, une fenêtre médiatique

C’est notamment ce message qu’elle souhaite faire entendre au cours de son année en tant que Miss France agricole. « J’ai accès aux médias nationaux. C’est un vrai outil de promotion qui me permet de parler des jeunes installés mais également de la filière laine. Nous ne sommes que 140 éleveurs de chèvres angoras en France, mais nous existons et le textile français aussi. »

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En tant que Miss France agricole 2026, Crystèle Gourjade est l’ambassadrice du monde agricole pendant un an.

Un titre qui a aussi valeur de reconnaissance. « Les retombées sont énormes. Les voisins, qui se demandaient ce que je faisais avec ma ferme pédagogique et mes chèvres angoras, sont les premiers à être contents parce que le village est dans tous les journaux. Les gens viennent me dire qu’ils ont voté pour moi, qu’ils m’ont vue à la télé. Je casse un peu les clichés sur les agricultrices. Je suis installée seule, j’élève des bêtes et je suis tout de même coquette. Et surtout, je suis motivée ! »

Sa conclusion est simple : croire en son projet et tout faire pour le mener à bien.