L’image est inhabituelle, presque déroutante : le Pavillon 1 du SIA n’accueillera cette année aucune vache. Les organismes de sélection bovine ont unanimement renoncé à déplacer leurs animaux, estimant ne pas pouvoir garantir la biosécurité face à la dermatose nodulaire contagieuse, maladie virale en circulation.

Pour le président du SIA, Jérôme Despey, la ligne est claire : « Nous avons dû nous adapter sans renoncer à ce qui fonde l’ADN du Salon. L’absence des bovins est une réalité, mais les agriculteurs seront là pour expliquer leur métier. »

Sur les réseaux, l’appel #venircestsoutenir a rapidement trouvé son public, rappelant que la participation au salon constitue aussi un geste de solidarité envers un secteur fragilisé.

Le 10 février, Jérôme Despey, président du Salon International de l’Agriculture et du SIA PRO, Arnaud Lemoine, directeur du SENECA, et Valérie Le Roy, directrice du Salon International de l’Agriculture, ont convié la presse à un point d’information à La Serre – Paris Expo Porte de Versailles afin de présenter les temps forts de l’édition 2026 du Salon.
Le 10 février, Jérôme Despey, président du Salon international de l’agriculture (SIA) et du SIA PRO, Valérie Le Roy, directrice du SIA, et Arnaud Lemoine, directeur du Centre national des expositions et concours agricoles (Ceneca) ont présenté à la presse les temps forts de l’édition 2026.

Le Pavillon 1 entièrement recomposé autour des équidés

Le réaménagement du Pavillon 1 est la traduction la plus visible de cette édition hors norme. L’espace habituellement réservé aux bovins et au Concours général agricole se transforme en grand ring équestre de 1 000 m², avec autant de places en tribune. Au programme : voltige, dressage, débardage, attelage et deux spectacles quotidiens. Le 24 février, une démonstration du Cadre noir de Saumur constituera l’un des temps forts de l’événement.

Les autres filières animales restent bien présentes : ovins et porcins conservent leurs rings et leurs concours, assurant la continuité du Concours général agricole dans ce pavillon recomposé.
Au total, 3 500 animaux sont attendus sur l’ensemble du Salon. La volaille, elle, demeure absente depuis 2019 pour raisons sanitaires.

Une charte pour les politiques

Le SIA reste un passage obligé du calendrier politique, mais ses organisateurs veulent éviter les débordements parfois observés lors de précédentes éditions. Aucune visite officielle avant 8h, délégations limitées à 25 personnes, interdiction du tractage : la charte encadrant la présence des responsables publics s’appliquera strictement.

« Le Salon n’est pas un lieu de démonstration politique », insiste Arnaud Lemoine, directeur du Centre exposition concours agricoles, propriétaire du salon. Il prévient : « Dans le contexte actuel, mieux vaut venir avec des idées que les mains dans les poches. » Entre tensions agricoles persistantes et fréquentation institutionnelle soutenue, les organisateurs misent sur un climat plus apaisé : « Neuf jours de débat, pas de combat », résume-t-il.

Une ouverture internationale renforcée

Sans bovins, le Salon déplace une partie de son attractivité vers l’international. L’édition 2026 accueille 30 pays, dont 12 pavillons nationaux. Parmi eux, la Mongolie, présente pour la première fois, fait écho à une édition où les équidés occupent une place centrale. Cette arrivée souligne l’ancrage pastoral du pays. « L’édition 2026 célèbre aussi le pastoralisme au fil des animations, explique Valérie Le Roy, la directrice du salon. Cette pratique millénaire est également structurante pour notre économie, les territoires et les paysages. Dans les estives, les alpages et les parcours de montagne, le pastoralisme représente, en France, 60 000 exploitations et rassemble plus de 20 % du nombre total des animaux élevés sur le territoire national. »

Le pays à l’honneur, la Côte d’Ivoire, bénéficie d’une mise en visibilité importante. Son pavillon de 545 m² présente ses grandes filières — cacao, cajou, riz, agroforesterie — et s’accompagne de rencontres professionnelles et d’animations quotidiennes. Au‑delà du symbole, il s’agit de mettre en perspective des enjeux partagés : adaptation climatique, renouvellement des générations, souveraineté alimentaire.

« Générations Solutions » : un dispositif recentré sur l’innovation

Le fil conducteur de cette édition, Générations solutions, trouve son expression principale dans le Pavillon 5. Les visiteurs y retrouveront :

  • AGRI’TECH (robotique, intelligence artificielle, outils numériques),
  • AGRI’MÉTIERS (formation, orientation, transmission),
  • Le Carrefour de l’Agri (débats, networking),
  • SIA’PRO (23-25 février, plus de 30 conférences),
  • Le hackathon Gaïa (10 équipes, 48 heures pour concevoir des prototypes mêlant IA et agroécologie).

Engagements renforcés : bien-être animal et accueil du public

Même sans bovins, les engagements du Salon demeurent élevés : cabinet vétérinaire indépendant, repos nocturne de six heures pour les animaux, tri et valorisation des déchets, redistribution des invendus, points d’eau gratuits, brigade Sia’ttitude pour sensibiliser visiteurs et exposants.


L’accessibilité est également renforcée grâce au programme Souffleurs d’Images pour les visiteurs empêchés. Au total, 12 000 personnes seront mobilisées chaque jour pour assurer le fonctionnement du Salon, l’équivalent de la population d’une ville comme Gueret, préfecture de la Creuse.

Agri’culture : le virage culturel du SIA 2026

Pour la première fois, un pavillon entier — le 2.2 — est consacré à la dimension culturelle de l’agriculture.

film vingt dieux
Le film Vingt Dieux, tourné dans le Jura, a remporté le César 2025 du Meilleur premier film et celui de la Meilleure révélation féminine pour l’actrice amatrice Maïwène Barthélémy. © Laurent Le Crabe

Baptisé Agri’Culture, cet espace propose un regard renouvelé sur le monde rural et réaffirme que l’agriculture ne se limite pas aux productions animales ou végétales : elle porte aussi un imaginaire, une histoire et une culture.

  • Agri’Ciné : un cinéma de 100 places proposant trois projections par jour, dont Vingt dieux, film tourné au cœur de la filière comté jurassienne, et La ferme des Bertrand, documentaire sur la transmission agricole soutenu par la MSA.
  • Agri’Librairie : une librairie éphémère en partenariat avec Eyrolles, avec dédicaces, ateliers et lancement du Prix littéraire Agri’Cultura
  • Agri’Curiosité : un cabinet des curiosités agricoles mêlant outils anciens, modèles pédagogiques et objets scientifiques.
  • Agri’Kisoque : musiques pastorales, danses régionales et performances orales.
  • Concert à la Ferme : un concert classique inédit au SIA, organisé le 24 février à 20 heures au restaurant du Concours général agricole (40 € concert + cocktail), au profit du projet Concerts à la Ferme.

La MSA au rendez-vous !