Anthony Paris fait partie de ces agriculteurs pour qui la vocation s’est imposée naturellement. Éleveur caprin à Dammarie-en-Puisaye, dans le Loiret, il vit son rêve d’enfant, dans les pas de ses grands-parents. « J’ai baigné là-dedans depuis mon enfance. Une passion comme ça, ça ne s’explique pas ! », confie-t-il.
S’il a commencé par un BEP et un bac pro horticulture en apprentissage, c’était surtout pour sécuriser son avenir. « Il y a toujours besoin de main-d’œuvre en horticulture », justifie-t-il. Mais son idée est bien de concrétiser son projet d’élevage de chèvres. Porté par sa conviction, il s’installe en 2012 sans reprise d’exploitation et sans aides.
Des journées bien rythmées
Célibataire et seul sur sa ferme, Anthony Paris assume tous les rôles : chef d’entreprise, éleveur, fromager ou encore gestionnaire administratif. Ses journées suivent un rythme bien réglé : première traite dès 7 heures du matin, puis travail à la fromagerie où il moule les nouveaux fromages et démoule ceux de la veille. Il retourne également ceux entreposés dans la salle d’affinage avant d’aller nourrir ses 130 chèvres avec le foin provenant de ses 10 hectares de terre.
La deuxième traite en fin d’après-midi précède un nouveau passage à la fromagerie où il met les produits de la veille à égoutter. Une mécanique bien huilée mais qui lui permet de garder ses repères, tout comme ses chèvres : « Elles sont têtues ! Quand on change leur routine, elles sont perturbées. »
La moitié de la production de lait part chaque jour pour sa production. Le reste, dans les laiteries du coin. Ses fromages demi-secs ou secs trouveront preneur en vente directe ou sur les marchés que l’éleveur arpente régulièrement, créant ainsi des liens avec les habitants locaux. « J’ai des clients fidèles. Quand je ne suis pas là, les gens s’inquiètent et prennent des nouvelles. » Il transforme également une petite partie de son lait en savon, en collaboration avec un savonnier de la région. « De petits volumes pour se diversifier », explique-t-il.

S’engager pour la MSA
Cette ténacité, il la met au service d’une autre cause : celle d’aider le monde agricole. Déjà impliqué dans des instances syndicales comme les Jeunes agriculteurs, il est devenu délégué à la MSA Beauce Cœur de Loire, un engagement qu’il pensait au départ anecdotique mais qui s’est révélé passionnant. « Je ne voyais pas ce que je pouvais apporter. Mais au fil du temps, je me suis réellement engagé dans mes fonctions. »
Depuis trois mandats, il a à cœur de montrer ce que l’institution apporte aux adhérents. « Je voulais redorer l’image de la MSA auprès des agriculteurs. Car elle n’est pas qu’un organisme qui prélève, elle est aussi proche des gens et des familles. » Il a notamment participé aux travaux menés dans le cadre du déploiement d’une Charte territoriale des solidarités avec les familles pour la communauté de communes Berry Loire Puisaye, et plus particulièrement dans le comité parentalité. « Le but était de recenser toutes les ressources disponibles pour les familles dans la région, autant pour les habitants que pour les nouveaux arrivants. »
Un gros travail de mise en avant des structures locales. Aujourd’hui encore, il participe aux réunions des élus MSA, s’investit dans le parcours Planétarisks* pour sensibiliser les enfants aux dangers domestiques, tout en aidant les agriculteurs à débloquer leurs dossiers et en faisant remonter des problématiques rencontrées sur le terrain.
Entre son cheptel et son engagement pour les autres, Anthony Paris ne ménage ni la chèvre ni le chou : il s’engage pleinement.
* Parcours d’éveil de la MSA Beauce Cœur de Loire destiné à sensibiliser les jeunes enfants aux différents dangers domestiques.
On se dit presque tout
Que sont devenus vos rêves d’enfants ?
Je les ai réalisés ! Mes parents m’entendaient déjà parler des chèvres quand j’étais petit.
Quelle personne admirez-vous ?
Je suis très admiratif de nos aînés et du travail qu’ils accomplissaient dans des conditions bien plus difficiles qu’aujourd’hui. D’ailleurs, au départ, ma grand-mère ne voulait pas que je me lance dans cette voie, consciente de la pénibilité du métier d’agriculteur