Le Lotois Mathis Lafargue est un homme pressé. À voir la trajectoire de ce fils d’agriculteur, il n’a pas attendu longtemps pour embrasser le métier d’exploitant agricole. Le feu sacré coule depuis trop longtemps dans ses veines pour qu’il se dérobe à sa vocation. Le titre de Mister agricole 2026, c’est-à-dire d’ambassadeur de la jeune génération d’agriculteurs, consacre cette évidence.
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Miss France agricole 2026 : une installée surmotivée
Destin tracé de céréalier
Après son bac professionnel conduite et gestion de l’exploitation agricole (CGEA) puis un BTS grandes cultures, le jeune homme se lance sans attendre dans la vie active. Il s’essaie d’abord à d’autres métiers, désireux de suivre les recommandations avisées du papa, céréalier et éleveur à Lendou-en-Quercy.
« Il m’a souvent conseillé d’aller découvrir d’autres secteurs parce que le milieu agricole est compliqué. J’ai effectué des stages dans plusieurs domaines mais cela ne m’a pas plu. » Le retour à la terre est inévitable. « Depuis tout petit, je baigne dedans », justifie-t-il. Comme son père et son grand-père, il a le métier dans le sang, admet-il avec fierté.
Le titre de Mister France agricole 2026 qu’il décroche, deux mois après s’être installé à son compte comme céréalier et semencier, récompense son engagement. « C’est une chance. J’ai la possibilité de représenter l’agriculture française. J’aimerais en montrer les qualités, les valeurs et les produits. Les paysans sont courageux. Nos territoires sont magnifiques. Pendant un an, je m’activerai à donner une belle image de nos métiers. »
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Reprise d’une ferme
Depuis octobre, il est à la tête d’une ferme de 22 hectares à Lendou-en-Quercy. Son installation est le fruit d’une opportunité. « Un céréalier partant à la retraite savait que je voulais m’installer. Il m’a demandé si son affaire m’intéresserait. Je n’ai pas hésité. »
Il se lance dans la production du blé, de l’orge, du tournesol ainsi que du maïs et du colza semences. L’activité n’a pas de secret pour lui puisqu’elle est identique à celle de l’exploitation familiale qui développe en plus un élevage de blondes d’Aquitaine et de l’arboriculture.

Installation sans aide financière
Pour reprendre la ferme, il intègre le parcours installation proposé par la chambre d’agriculture locale, qui ouvre droit à la dotation jeune agriculteur (DJA), une aide financière conditionnée au suivi de la formation. Mais il l’abandonne très vite. « J’ai fait beaucoup d’efforts parce que je voulais obtenir ce soutien. J’ai effectué des stages. J’ai rempli des papiers en pagaille. Au bout d’un moment, j’ai dit stop. Je n’en pouvais plus. Je me suis installé sans aide. »
Pour lui, la formation est trop lente et peu adaptée aux profils comme le sien. « En fait, on nous demande tant de choses que c’est difficile de s’y retrouver. Comment préparer un plan de production de cinq ans quand on ne sait même pas comment l’activité évoluera. Personne ne connaît à l’avance le prix des céréales. »
Le réflexe de l’adaptation
L’avenir, il le prépare au jour le jour par l’adaptation. En bon céréalier, il sait que rien n’est plus imprévisible que le marché des grains. Il va devoir jongler avec les fluctuations géopolitiques qui peuvent rebattre les cartes du jour au lendemain. Il se concentre sur ses fondamentaux : le travail des cultures, les choix techniques, l’entretien des machines…
Le jeune céréalier n’a pas coupé le cordon familial. « Je travaille comme salarié au sein de l’entreprise familiale parce que ma ferme ne me permet pas encore d’y exercer à l’année. C’est aussi une façon de garder un pied dans l’aventure familiale. » La double activité le sécurise financièrement, le temps de prendre pleinement son envol.