Le 13 novembre dernier, à Loriol-sur-Drôme, ils étaient 80 participants de la Drôme, de l’Ardèche et de la Loire à se croiser, parfois pour la première fois. Parmi eux, des agriculteurs, des délégués MSA, des travailleurs sociaux, des professionnels de santé ou des citoyens, touchés de près ou de loin par les questions de santé mentale. Grande cause nationale 2025, elle a été renouvelée pour 2026.

Changer le regard sur la santé mentale

Durant une journée, ils se sont lancés dans un hackathon avec un objectif : faire émerger des projets destinés à favoriser un changement de regard collectif sur la souffrance psychique.

« Quand on parle de santé mentale, on pense souvent troubles psychiques ou psychiatriques. Mais c’est autre chose : nous avons tous une santé mentale, un état psychique dans lequel nous sommes bien ou moins bien, selon les périodes », a résumé le professeur Catherine Massoubre, cheffe du service de psychiatrie au CHU de Saint-Étienne. Elle travaille depuis plusieurs années avec la MSA Ardèche Drôme Loire sur la prévention du suicide.

Pour cette spécialiste, la prévention passe aussi par la solidarité et la proximité entre individus pour se soutenir mutuellement. « Travailler sur les leviers possibles entre citoyens, avant même de parler de soins, c’est important », a-t-elle insisté en introduction de ce hackathon.

Dix projets, un lauréat

Dix équipes ont ainsi pu construire, avec l’appui de facilitateurs et d’experts, des projets « concrets et réalisables ». Après délibération du jury, c’est l’action « Bien dans tes baskets, bougeons pour notre santé mentale » qui a remporté ce hackathon.

Santé mentale lauréats Hackathon MSA Ardèche Drôme Loire
Le jury a récompensé le projet « Bien dans tes baskets, bougeons pour notre santé mentale ».

Son ambition : créer chaque année un événement sportif en milieu rural qui réunisse des publics divers autour des questions de santé mentale, sur le modèle des événements déployés à l’occasion d’Octobre rose, dédié à la prévention du cancer du sein. Cet événement annuel permettrait également d’attirer de nouveaux publics vers un dispositif de marches thérapeutiques, encadrées par des professionnels de santé, pour prendre soin de son corps et de sa santé mentale.

D’autres projets pourraient également être source d’inspiration pour la MSA et ses partenaires, notamment pour des actions de prévention en direction des jeunes. À commencer par le projet « Raconte-moi ton internat ». « Il s’adresse à un public parfois oublié : celui des élèves internes, isolés de leur famille, de leurs amis, parfois en errance le mercredi après-midi », a décrit l’une des participantes. L’idée est de créer un lieu chaleureux où se tissent des espaces de parole et d’actions préventives face au mal-être.

Le projet « Lettre du partage » a aussi retenu l’attention du jury. Il propose de mettre en relation des jeunes scolarisés en maison familiale rurale (MFR) et des retraités afin qu’ils échangent autour de centres d’intérêt communs (pêche, agriculture…). Un moyen de rompre l’isolement des seniors et de valoriser les jeunes.

L’occasion pour Jean-Philippe Bréchet, président de la MSA Ardèche Drôme Loire, de souligner qu’« agir pour la santé mentale, c’est protéger notre bien le plus précieux : l’humanité de nos territoires ».