« Il n’y a pas de pays s’il n’y a pas de paysan »
Le monde selon MaNTis est limousin, niché sur la diagonale du vide, là où l’on se sent « loin de tout mais proche de l’essentiel. C’est ici que ça se passe, dans nos régions, nos bourgades, loin du béton, près du pâturage ». La fierté transpire dans les textes de ce rappeur qui rappelle dans ses morceaux qu’« il n’y a pas de pays s’il n’y a pas de paysan. »
Être qualifié de « bouseux » ne l’atteint pas. Les bottes sales qu’il porte reflètent son travail et il en est fier. Il ne joue pas de rôle : il est déjà acteur d’une vie dont il arbore les couleurs dans ses titres. « Je ne me déplace pas sans ma fourche », nargue-t-il.
Et pour cause : c’est un PSG (Paysan super gauchiste), un AOP (Appellation orignal paysan)et un Bouse Brother, autant de titres d’albums qui claquent comme des professions de foi.
Sur les réseaux sociaux
Toute l’actualité de l’artiste MaNTis est disponible sur ses réseaux sociaux : Facebook et Instagram. Des clips de ses grands morceaux sont diffusées sur sa chaîne BDK MaNTis (@MANTISBDK). À noter que le rappeur paysan sera en concert le 30 avril avril à Guéret (Creuse).

Fier d’être éleveur
Le métier d’éleveur fait partie intégrante de sa vie malgré les difficultés rencontrées pour en vivre. Cette année, il enseigne à temps partiel en Maison familiale rurale pour compléter les revenus de la ferme. « J’ai à manger dans l’assiette, un toit sur la tête, mais certains mois c’est plus dur », admet-il.
Cesser l’activité pour ne se consacrer qu’au rap est chose impossible à envisager. « Le fait de m’occuper de mon troupeau maintient en moi une joie de vivre. » MaNTis revendique sa double identité, à la croisée de sa vocation d’agriculteur et d’artiste, ce qui le définit et le nourrit.
Chaîne YouTube : BDK MaNTis (@MANTISBDK)
Le monde agricole irrigue ses mots et ses rimes. Le rappeur passe au sas les stéréotypes accolés aux agriculteurs, les désosse de leur valeur péjorative et les transforme en coups de fourche. Ce laboureur de vers a fait ses classes dans le bitume, à Metz, pendant ses années de lycée, de la seconde à la première. Les thèmes de ses titres sont dictés par son vécu. « Ce n’est pas un choix de direction artistique, je chronique ma vie. »
« Je chronique ma vie »
Loin de lui l’idée d’opposer milieux rural et urbain. Dans ses textes, il s’attaque aux stratégies de division, poussées par ceux qui refusent l’altérité, le collectif, le vivre-ensemble. Il brocarde les incompréhensions fondées sur les ignorances, le rejet, le mépris de classe. Il honnit ce qui sépare.
Si le jeune homme a posé ses valises dans le Limousin, c’est pour aimer la vie. À toute heure, il se pose en chantre de l’humanisme. Il en présente les ramifications : l’amour de la terre, du pâturage, de la nourriture locale, des moments de convivialité, des fêtes, de tout ce qui esquisse une autre façon de faire société. Les « intraveineuses de cassoulet » ne le rebutent pas. Bon vivant, il assume : « Je suis gourmand mais gourmet. J’ai les dents longues et le palais fin. »

Ses révoltes dessinent l’horizon d’un monde meilleur où les vers luisants remplacent les réverbères, où la cuisine se fait sans Thermomix, où la solidarité rime avec l’entraide. Ses concerts participent à ce tempo.
« On fait dans l’ensauvagement. On ravive les pratiques rustiques d’une autre époque. » Et cette révolution silencieuse, promesse d’un avenir, se prépare dans la campagne profonde, au sud de Limoges.