« Cette réforme est une avancée sociale importante », martèle Jean-François Fruttero, président du régime de sécurité sociale agricole. Depuis le 1er janvier 2026, le calcul des retraites des non-salariés agricoles de l’Hexagone bascule enfin dans l’ère des « 25 meilleures années », une revendication héritée de décennies de débats sur l’équité entre régimes et sur la prise en compte des revenus, souvent en dents de scie.
Pour les départements et régions d’Outre-mer, le gouvernement légiférera par ordonnance, d’ici février 2027, pour modifier les modalités de calcul de la pension applicable à ces territoires.
Réduire les inégalités
L’origine du changement ? La volonté de corriger les écarts persistants entre les régimes, qui pénalisaient les carrières des exploitants marquées par des années creuses. Une demande récurrente du régime agricole, qui plaidait pour un mode de calcul plus représentatif des réalités du terrain.
Le nouveau dispositif combine désormais deux périodes : avant 2016, lorsque les droits se comptaient en points, et après, où les revenus annuels deviennent la base du calcul. Une mécanique hybride conçue pour coller davantage aux trajectoires agricoles, rarement linéaires.
« C’est la reconnaissance du travail indispensable des agriculteurs, qui nourrissent le pays », insiste Jean-François Fruttero.
Plus d’infos sur les modalités de calcul : msa.fr
1,1 million de personnes concernées
Cette réforme intervient dans un contexte où les niveaux de pension restent un sujet d’inquiétude pour la profession. Au 1er janvier 2025, 1,1 million de personnes relevaient en France métropolitaine du régime de retraite de base des non-salariés agricoles.
Les anciens chefs d’exploitation ayant une carrière complète percevaient en moyenne 11 261 euros bruts par an, soit 938 euros mensuels, hors retraite complémentaire obligatoire. Un montant certes en hausse de 6,3 % sur un an, mais qui illustre encore la fragilité financière de nombreuses fins de carrière. Par ailleurs, 76,8 % des retraités agricoles ont cotisé dans au moins un autre régime, signe de parcours professionnels souvent morcelés.
Pour les départs en retraite entre 2026 et 2027, une clause de sauvegarde s’appliquera : un recalcul en 2028 permettra de confirmer – ou de relever – le montant servi. Jamais de le diminuer. Une manière d’amortir la transition entre les deux systèmes.
Simulateur en ligne
Pour aider les ressortissants à mieux se projeter, le simulateur « Mon estimation retraite », mis à jour pour intégrer la réforme, est accessible depuis l’espace personnel MSA ou via le site info-retraite.fr. Il permet de visualiser le montant estimé sur la base des règles définitives de la réforme, qui seront appliquées à partir du début de l’année 2028. Un ajustement technique, certes, mais aussi un signal adressé à un monde agricole en quête de considération.
Les « 25 meilleures années » viennent rappeler qu’une carrière façonnée par le climat, les marchés ou les aléas de la vie mérite, elle aussi, une retraite à la hauteur de l’engagement fourni.