Malgré une baisse globale des installations en 2024 (– 7 %), la jeunesse agricole française affiche une vitalité remarquable. Selon les dernières statistiques de la MSA, 84,8 % des chefs d’exploitation de moins de 40 ans installés en 2018 exercent encore en 2024.

Un résultat d’autant plus impressionnant lorsqu’on le compare à celui des installés tardifs : seuls 63 % des plus de 40 ans hors transfert entre époux poursuivent leur activité a bout de six ans, et à peine 51 % des installés via transfert.

Solidité des jeunes installés

Cette solidité repose en grande partie sur le choix majoritaire des jeunes pour les formes sociétaires (groupement agricole d’exploitation en commun ou Gaec, exploitation agricole à responsabilité limitée ou EARL), qui favorisent la mutualisation des moyens, une répartition plus souple du travail et une sécurisation accrue de la gestion.

Par ailleurs, la superficie moyenne exploitée progresse en 2024, atteignant 37,1 hectares. La pluriactivité, qui concerne encore près de quatre jeunes sur dix, recule légèrement, signe de projets mieux stabilisés. L’ensemble de ces éléments témoigne d’installations bien construites, plus viables et préparées dans la durée.

Le commerce à la traîne

Comparée aux entreprises créées en 2018 dans les secteurs marchands non agricoles, la pérennité des jeunes agriculteurs apparaît particulièrement élevée. Cinq ans après leur création, 69 % des entreprises non agricoles sont toujours en activité, un résultat encourageant mais sensiblement inférieur à celui des jeunes exploitants (cf. étude Insee intitulée Entreprises créées en 2018 : 69 % sont encore actives cinq ans après leur création).

Dans le détail, les taux de survie sont de 64 % dans le commerce, 70 % dans la construction, 77 % dans les services financiers et l’assurance, 73 % dans l’enseignement, la santé et l’action sociale, et 62 % dans l’hôtellerie restauration et les arts.

Efficacité de l’accompagnement des jeunes agriculteurs

Ce contraste révèle un phénomène structurant : la combinaison d’aides à l’installation, d’un accompagnement technique soutenu, de formations ciblées et de modèles juridiques robustes offre aux jeunes agriculteurs une stabilité rare dans l’économie française.

À l’inverse, nombre d’entrepreneurs d’autres secteurs restent exposés à une forte volatilité de leur marché ou à des crises conjoncturelles – comme l’hôtellerie-restauration, durement touchée par la pandémie de Covid-19.

Une dynamique contrastée en 2024

Après un rebond observé entre 2021 et 2022, la dynamique des installations agricoles s’essouffle nettement. En 2024 (derniers chiffres disponibles), 12 661 chefs d’exploitation se sont installés, soit 7 % de moins qu’en 2023, prolongeant la baisse amorcée l’année précédente.
Le recul est principalement imputable à la chute des installations tardives (– 15,3 %), bien qu’elles ne représentent qu’un quart des nouveaux installés. Les jeunes de 40 ans et moins, majoritaires (70,8 %), enregistrent une baisse plus modérée (– 3 %).
Ils étaient près de 9 000 à se lancer en 2024, un chiffre supérieur de 7 % par rapport à 2014. Cette contraction s’inscrit dans un contexte de moindres départs d’exploitants (une première depuis 2020) .

Sources : Statistiques MSA, février 2026, et Insee Entreprises créées en 2018 : 69 % sont encore actives cinq ans après leur création.