La MSA entre dans une nouvelle séquence de son histoire. Le 1er juillet, son conseil d’administration central a validé la COG négociée avec l’État pour la période 2026-2030. Derrière ce document technique se dessine en réalité la stratégie d’un acteur clé de la protection sociale agricole, appelé à répondre à des enjeux de plus en plus complexes.

Car le contexte a profondément changé. Entre dérèglement climatique, crises sanitaires, renouvellement des générations agricoles, vieillissement des populations rurales et difficultés d’accès aux services, les territoires ruraux sont confrontés à des mutations rapides. Dans ce paysage mouvant, la MSA entend conserver ce qui fait son ADN : un guichet unique, une présence de proximité et une gouvernance portée par ses élus. « Notre responsabilité était claire, indique Jean-François Fruttero, président de la CCMSA : préserver ce qui fait la force de la MSA, tout en obtenant les moyens de continuer à remplir pleinement nos missions. »

Simplifier pour mieux servir

Première priorité de la convention : alléger le parcours des usagers. La MSA veut accélérer la simplification administrative à travers le préremplissage des demandes, le développement du principe du « Dites-le-nous une fois » et l’amélioration de ses services numériques.

L’ambition va toutefois au-delà de la dématérialisation. Soucieuse d’éviter toute rupture avec les publics les plus fragiles, l’institution réaffirme son attachement à l’accueil de proximité. Les démarches d’« aller vers » conserveront une place centrale afin d’identifier les personnes qui renoncent à leurs droits ou rencontrent des difficultés particulières, en s’appuyant sur les relais de proximité de la MSA, notamment ses élus locaux.

« Le plan stratégique MSA 2030 conçu avec l’ensemble des salariés et délégués faisait de la simplification des démarches et de l’amélioration de l’accès aux droits une priorité majeure, précise François Serpaud, premier vice-président de la CCMSA. La COG apporte des réponses très concrètes. »

Prévention et accompagnement des crises

La convention confirme également les orientations engagées lors des précédents exercices. La prévention figure parmi les priorités renforcées, qu’il s’agisse de santé publique, de risques professionnels ou de lutte contre le mal-être agricole.

L’accompagnement des crises reste, lui aussi, au cœur du dispositif. Ces dernières années, la multiplication des épisodes climatiques extrêmes, des difficultés économiques et des tensions sanitaires a confirmé le rôle de la MSA comme premier relais des exploitants et des salariés confrontés à des situations d’urgence. La nouvelle COG doit permettre de maintenir cette capacité d’intervention rapide au plus près du terrain.

Quatre Priorités

  • Simplifier les démarches administratives ;
  • maintenir une présence de proximité dans les territoires ;
  • renforcer la prévention et l’accompagnement des crises ;
  • moderniser les outils et l’organisation de la MSA.

Un acteur de cohésion territoriale

Autre axe fort : le maintien des politiques sociales dans les campagnes. Accompagnement du vieillissement, soutien aux aidants, petite enfance, accès aux soins, mobilité ou insertion sociale et professionnelle demeurent au cœur de l’action de la MSA.

Au-delà de ses missions de gestionnaire de prestations, l’organisme revendique ainsi son rôle d’acteur du développement social local. Dans de nombreux territoires ruraux, il constitue l’un des derniers réseaux capables d’intervenir simultanément sur les questions de santé, de solidarité et d’accès aux services.

Moderniser sans perdre la proximité

La COG 2026-2030 prévoit enfin de poursuivre la transformation de l’institution. Modernisation des systèmes d’information, nouveaux services numériques, amélioration des outils des collaborateurs et coopérations renforcées avec les autres régimes de protection sociale doivent permettre de gagner en efficacité et en qualité de service.

Cette ambition devra néanmoins composer avec des marges de manœuvre financières limitées. Comme l’ensemble des opérateurs publics, la MSA devra poursuivre ses efforts d’efficience dans un contexte budgétaire contraint. Anne-Laure Torrésin, directrice générale, ajoute : « Si nous n’avons pas obtenu tout ce que nous souhaitions sur les effectifs, nous sommes en revanche parvenu à préserver un budget consacré à nos équipes globalement identique grâce au maintien de la masse salariale ou encore à notre budget de fonctionnement, contrairement à la COG précédente. »

Pour ses dirigeants, l’équation reste toutefois tenable. En préservant les moyens essentiels à ses missions et en réaffirmant sa présence au plus près des habitants. « La COG 2026-2030 trace une trajectoire ambitieuse : moderniser la protection sociale agricole sans renoncer à la proximité qui constitue, depuis toujours, sa marque de fabrique. Cette COG n’est pas une fin en soi, elle marque le début d’une nouvelle étape pour notre institution », conclut Jean-François Fruttero.

En chiffres

  • 5 ans : durée de la convention (2026-2030).
  • 6,1 milliards d’euros : budget global de la COG, en progression par rapport à la précédente convention.
  • 876 millions d’euros consacrés à l’action sanitaire et sociale.
  • 172 millions d’euros dédiés à la prévention, avec un renforcement des moyens consacrés au mal-être agricole de 50%.
  • + 26 % pour les systèmes d’information afin de moderniser les outils numériques, sécuriser les données et simplifier les démarches.
  • 162 millions d’euros investis dans le patrimoine immobilier pour améliorer les conditions d’accueil des adhérents et les conditions de travail des équipes.