« Je détestais la campagne, je ne me voyais pas y vivre ». Difficile d’imaginer, quand on l’entend parler de sa jeunesse, que Valérie Arsicaud deviendrait agricultrice. Rien ne la prédestinait à ce métier, et encore moins à s’engager comme déléguée MSA en Charente sud. Fille d’un agent de maîtrise dans les tapis de voiture et d’une secrétaire dans un service de transports, elle grandit à La Rochefoucauld. Son rêve ? Devenir coiffeuse et installer son salon au milieu de l’effervescence de la ville. Elle s’orientera finalement vers le métier de comptable avant de rencontrer son mari, agriculteur.
Au départ à la retraite de ses parents, celui-ci reprend la ferme familiale à Guizengeard. Et quand l’opportunité de racheter des poulaillers se présente, Valérie quitte son emploi et s’ins talle à son tour comme exploitante. En 2021, elle rejoint son mari en Gaec. Ils sont à la tête d’une ferme de 3 600 poulets, 6 hectares de vignes destinées au cognac et 80 ha de céréales.
Un choix qu’elle ne regrette pas. « J’ai pu voir grandir mes enfants dans un environnement à la qualité de vie précieuse. » L’année dernière, bien occupé par leur ferme, le couple décide de participer à un atelier sur la charge mentale organisé par la MSA des Charentes. L’occasion s’offre à elle : elle se présente comme déléguée MSA. « C’est toujours facile de critiquer de l’extérieur quand on ne sait pas comment ça fonctionne. J’ai voulu découvrir cette grande institution de l’intérieur. » Lors de l’assemblée générale de la caisse, un film projeté décrypte en détail le rôle et le fonctionne ment des cotisations sociales. Pour l’ancienne comptable, amoureuse des chiffres, c’est le déclic : elle veut comprendre où part cet argent et surtout, aider les agriculteurs à y voir plus clair.
Derrière les chiffres
Elle a alors l’idée d’organiser une rencontre avec les agriculteurs de son canton pour leur expliquer à quoi servent concrètement ces prélèvements. « Tous ces chiffres, il faut que les adhérents les connaissent. On paie pour la protection sociale, la caisse de retraite, le chômage… » La réunion a permis un premier contact avec les agriculteurs que l’élue ne compte pas lâcher. « Ils doivent savoir que la MSA est là pour eux. C’est à nous de faire le lien entre eux et l’institution. »
Mais Valérie ne s’arrête pas là et multiplie les actions dans sa région pour faire connaître la MSA. C’est ainsi qu’elle a rencontré des adolescents qui ont réalisé un projet de bande- dessinée à Barbezieux. Paroles de jeunes partage le quotidien et la vision du monde rural d’un groupe d’adolescents à travers l’écriture et le dessin. « Ça fait plaisir de voir que les élans artistiques de nos jeunes sont valorisés même à la campagne », salue la déléguée. Elle était aussi présente lors d’une journée consacrée au dépistage des cancers. Mais également à la foire-expo de Barbezieux ou encore pour le Geronto challenge (une journée pendant laquelle les maisons de retraite du département se rencontrent et où des activités sont organisées). Elle s’implique aussi dans les dispositifs Soutien Agri’, Sentinelles. Et elle intervient sur des sujets liés à la charge mentale et administrative qui peuvent plomber le moral des paysans. Une nouvelle rencontre avec eux est déjà prévue pour le mois de décembre.
L’élue de 54 ans compte bien poursuivre sur sa lancée et continuer à faire le lien entre les agriculteurs et la MSA.
On se dit presque tout
› Que sont devenus vos rêves d’enfants ?
Mes rêves d’enfants sont bien loin ! Je voulais être coiffeuse. J’ai finalement fait des études de secrétaire comptable, et je vais sûrement finir ma vie en étant agricultrice ! Comme quoi tout dépend des gens qu’on rencontre.
› Quels sont vos loisirs favoris ?
Avec mon mari, on adore visiter les villes pour découvrir leur architecture. Nous sommes allés à Athènes, à Rome, Lisbonne, Barcelone… et même à Leeds pendant les études de notre fille. On fait aussi beaucoup de vélo !