Que manque-t-il à la MFR de Guilliers ? Rien. La réputation, les résultats, l’attractivité, une directrice dynamique et enjouée, des élèves apparemment heureux et sereins, elle semble tout avoir. C’est même mieux que ce que l’on imagine : les pensionnaires peuvent venir avec leur animal de compagnie. Pas une journée, non, pendant toute l’année d’internat. Comme dans Harry Potter.

La MFR ouvre ses portes

Et cela fait maintenant vingt ans, dont six passés en tant que directrice, que Madame Kaczmarek regarde avec bienveillance ce cortège franchir l’enceinte les jours de rentrée. Celle-ci se fait en deux fois parce qu’ici règne l’alternance. Une rareté dans le Grand Ouest pour les jeunes qui souhaitent s’orienter vers les métiers du secteur du chien, du chat et des petits animaux de compagnie. La moitié des 340 élèves que compte l’établissement sont donc en entreprise.

Chien, lapin, gerbille, cochon d’inde, gecko, furet, lézard, oiseau, serpent… c’est le carnaval des animaux, sans compter ceux à demeure qui composent la ménagerie pédagogique. Il revient à chacun de s’occuper de son petit compagnon, comme l’explique Nathan, en terminale bac pro élevage canin et félin : « Je me lève vers 6h30 et je sors mon chien vers 7 heures. La journée, je le vois pendant les pauses de 30 minutes et je le retrouve le soir jusqu’à 21h30 ». Heure à laquelle il doit retourner à l’internat et son berger australien au chenil. « Quand on passe des examens, que l’on est stressé, le fait d’avoir son chien réconforte, rapporte Romane, en CAP services aux personnes et vente en espace rural. Et puis ça nous responsabilise aussi. »

La recette de la potion magique

L’animal de compagnie comme support à la responsabilisation et pour entretenir le lien avec la maison est l’ingrédient principal de cette potion magique morbihannaise. « Quand on aime les animaux, on aime les gens. Et nous avons des jeunes respectueux et empathiques, ne manque pas de rappeler Marianne Kaczmarek. L’idée est vraiment de former les citoyens de demain et les professionnels d’aujourd’hui. On développe un savoir-faire et surtout un savoir être ».

Et tout le monde semble se satisfaire du cercle vertueux qui s’est installé. Comme dans toutes les MFR, les élèves mettent la main à la pâte, explique la directrice : « C’est une famille, nous partageons les “services”. À tour de rôle, ils font la vaisselle, aident à nettoyer les chambres, faire le ménage dans les parties communes. » La notion de vivre ensemble est fondamentale. Elle est notamment renforcée par des veillées qui sont l’occasion d’assister à une conférence d’un intervenant extérieur, de faire des sorties à la patinoire, de participer à des kermesses ou de visionner le film du soir dans l’amphithéâtre prévu à cet effet.

« Nous avons de beaux équipements, poursuit la directrice. Nos jeunes sont respectueux, ils en prennent soin. Du coup, quand on construit quelque chose, ça dure longtemps. Ils nous donnent envie de leur faire plaisir et nous avons le soutien financier pour le faire. » Des infrastructures modernes, un niveau scolaire reconnu et recherché, des bêtes à demeure, la MFR de Guilliers bénéficie d’un sérieux pouvoir attractif. « Ils savent qu’ils ont de la chance d’être chez nous, du coup, ils montrent le meilleur d’eux-mêmes pour que tout se passe bien. »

MFR, Bretagne, Guilliers, Jeunes, rentrée scolaire

Une MFR réputée

Une chance que Nathan, originaire de Loire-Atlantique, n’a pas laissé passer. Sa passion pour les chiens et les chats est née devant des reportages télé quand il était petit, et ne l’a pas quitté. Mais peu d’écoles proposent ce bac pro. Après la visite de plusieurs établissements, le coup de cœur était sans appel : « Ce qui m’a donné envie de venir ici, c’est la réputation de la MFR. Je savais que j’allais dans un bon établissement, que ça serait plus simple pour trouver des stages. »

Pour Romane, qui vient d’Ille-et Vilaine, l’évidence est née du doute. Suivre l’exemple de ses parents qui travaillent dans l’aide à la personne ou son amour pour les animaux ? « Quand j’étais en 4e, le CAP services aux personnes et vente en espace rural a été créé. J’ai décidé de faire une 3e prépa pro ici pour commencer et j’ai poursuivi sur le CAP. » L’occasion de concilier les deux. D’autant plus que pour donner sens à cet intitulé imposé par le référentiel de ce diplôme du ministère de l’Agriculture, la directrice y a adjoint une dominante Animaux de compagnie.

L’animal, un support pour communiquer

Avec le module « animaux visiteurs », les étudiants apprennent à aller au contact des personnes âgées, des enfants et des personnes en situation de handicap par le biais de petits animaux. « L’animal est un support pour communiquer avec ces publics. Nous travaillons assez facilement avec l’Ehpad situé à côté, ainsi qu’avec d’autres structures : résidences seniors, résidences Alzheimer et des écoles », détaille Marianne Kaczmarek.

« Nous avons fait le choix de l’écopâturage avec des chèvres et des moutons, ça été l’occasion de créer une autre option. » La MFR dispose également d’un salon de toilettage pédagogique, ouvert au public tous les jeudis. De la 4e au bac pro, tous les jeunes de cette option participent, encadrés par deux toiletteurs professionnels. Oui, nos amis les bêtes sont aussi chez eux ici : « Des salariés viennent parfois avec leur chien au travail. Ils peuvent circuler dans les couloirs », s’amuse la directrice qui fait vraiment tout(ou) pour ses élèves et les animaux.

Le Bachelor agro : un nouveau diplôme pour l’agriculture

Créé dans le cadre de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture, le Bachelor agro est un nouveau diplôme national de premier cycle en sciences et techniques de l’agronomie.

Sanctionné par un diplôme de niveau bac+3 conférant un grade de licence, il vise à renforcer les parcours de formation vers l’installation et le conseil dans les domaines de l’agriculture et de l’agro-alimentaire. 25 classes ont ouvert à la rentrée 2026 pour environ 250 étudiants. Au total, 39 établissements d’enseignement technique agricole et 10 établissements d’enseignement supérieur ont déjà été accrédités à travers la France.

Six mentions diplômantes, pensées avec les professionnels du secteur, ont été créées : alimentation et agro-alimentaire durables ; élevage et transitions ; génie agronomique et transitions ; entreprendre, accompagner et manager en agriculture ; sciences et tech niques de l’agronomie pour la formation ; systèmes robotiques et numériques pour l’agriculture.

Trois nouvelles mentions sont prévues à la rentrée 2027 (énergétique agricole ; forêts, valorisations et transitions ; génie de l’eau en agriculture) puis une dernière (bioressources) pour 2028.