À La Lucerne-d’Outremer, petit village de la Manche niché entre bocage et littoral, Pierre Lebourgeois incarne une certaine idée de la ruralité engagée. Réélu maire pour un second mandat, cet ancien comptable de 67 ans connaît chaque chemin, chaque association et presque chaque habitant de cette commune de 873 âmes située à une douzaine de kilomètres de la mer. Une proximité qu’il revendique comme le cœur même de son engagement public.

Fils d’agriculteur

Conseiller municipal depuis 1995, adjoint pendant près de vingt ans avant de devenir maire en 2020, Pierre Lebourgeois s’inscrit dans une histoire familiale profondément enracinée dans le territoire. Son père, Émile, fut lui-même maire de la commune pendant plus de trois décennies. « J’ai été trempé dedans très jeune », explique-t-il avec simplicité. Fils d’agriculteurs, longtemps investi dans le monde associatif, ancien président du comité des fêtes, il avoue avoir toujours aimé « participer à la vie communale ».
À La Lucerne-d’Outremer, cette vie de village est loin d’être un slogan. Sous son mandat, la municipalité multiplie les projets pour maintenir une activité dans le bourg : réhabilitation de commerces, soutien aux logements sociaux, maintien de l’école de proximité et aménagement du centre-village autour d’une halle multifonctionnelle.

Projet de boulangerie au feu de bois

Un projet de boulangerie au feu de bois est devenu l’un des symboles de cette volonté de préserver des services de proximité. Après avoir déjà participé au rachat et à la relance du café-épicerie, la commune accompagne aujourd’hui l’installation d’un artisan-boulanger en cœur de bourg, dans une bâtisse acquise par la collectivité. « Ce sont des projets très concrets qui améliorent la vie des habitants », souligne-t-il.

Prévention du mal-être

Dans cette commune réputée pour son abbaye et sa forêt, le maire refuse la résignation. Il évoque volontiers les marchés estivaux organisés le jeudi soir, où habitants, producteurs locaux et vacanciers se retrouvent autour d’un concert ou d’un verre. « On sent que le village vit », dit-il avec satisfaction. Mais derrière le dynamisme affiché, il observe aussi les fragilités sociales qui traversent de plus en plus les campagnes : familles monoparentales plus nombreuses, difficultés de logement, disparition progressive des exploitations agricoles.


Délégué MSA depuis près de vingt-cinq ans, il connaît bien ces réalités. Ce double engagement, entre mairie et protection sociale agricole, nourrit chez lui une même conviction : l’élu local doit rester accessible. Au sein de la MSA, où il siège au collège des salariés, Pierre Lebourgeois s’investit depuis de nombreuses années dans des actions de prévention et d’animation de terrain. Parmi les initiatives qui l’ont le plus marqué figure une pièce de théâtre-forum consacrée au stress au travail dans le monde agricole et à la prévention du mal-être. « Les gens participaient, donnaient leur avis, racontaient parfois leur propre vécu », se souvient-il. Une manière originale d’aborder des sujets sensibles dans un territoire où la parole reste souvent discrète.


« On est maire et délégué MSA sept jours sur sept »
, souffle-t-il. Le téléphone reste allumé, même la nuit. Loin des postures politiques, Pierre Lebourgeois revendique une approche pragmatique, faite d’écoute et de patience. Pour lui, un maire ne doit pas seulement gérer, mais aussi anticiper.
Parmi les projets à venir figure l’installation d’une mini-crèche, une initiative concrète qui illustre la volonté de maintenir les services de proximité à la population dans la continuité de son engagement de maire et de délégué de la MSA.

On se dit presque tout

Une personnalité que vous admirez ? 
J’aimais beaucoup Jacques Higelin. C’était quelqu’un qui portait des valeurs et savait les transmettre avec une très belle écriture.  

Que sont devenus vos rêves d’enfant ? 
Je voulais être infirmier ou agriculteur. J’aimais déjà le contact humain et le fait de m’occuper des autres. Finalement, cet engagement existe encore aujourd’hui dans mes fonctions. 

Vos plaisirs ou loisirs favoris ? 
La marche à pied, le vélo et surtout la pêche à pied. Aller chercher des coques ou des palourdes près de la mer ou faire une balade en forêt, permet de vraiment de se vider la tête.